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07/11/2012

Le drame de La Maurine

IMG.jpgQui se souvient qu'en 1963, Rennes-le-Château défraya la chronique judiciaire pour un crime sauvage et gratuit ? C'était le jeudi 8 août, à la ferme de La Maurine, un écart au Sud du village. Y vivait alors la famille Fabre, Louis Fabre, 63 ans, son épouse, Agnès, 59 ans, ainsi que Louisette, 35 ans, et son mari, Marcel Tricoire, lesquels avaient trois enfants, âgés de 4 à 12 ans. Les Fabre avaient une autre fille, Mimi, 31 ans, mariée, elle vivait alors à Pamiers. Enfin, sous le même toit, Jean Fabre, 54 ans, frère de Louis, contribuait à la prospérité de cette exploitation agricole. Il était berger et se distinguait par un troupeau d'une centaine de brebis. Lauréat dans les concours ovins, il remportait souvent le premier prix. Mais Jean Fabre fit plusieurs séjours en asile psychiatrique, à Limoux. Ses symptômes se traduisaient surtout par des délires paranoïaques. Tout à fait conscient de son état, il acceptait volontiers les traitements qui lui étaient prescrits. Mais ce 8 août 1963, aucun signe avant-coureur.
Ce jeudi matin, vers 6 heures, sans doute caché à l'abri d'une haie avec un fusil, il observa Agnès Fabre porter du grain à la volaille, avant de s'interposer à elle et de faire feu sur sa victime. Atteinte au thorax, elle tomba face contre terre. Etait-elle morte ? L'assasin lui fit encore une profonde entaille au cou avec son couteau. La détonation fit sortir le reste de la famile de la maison. Mais, Jean Fabre avait déjà disparu. Aussi vite qu'il le pût, le beau-fils, Marcel Tricoire, se rendit à la gendarmerie de Couiza. Dans les heures qui suivirent, on s'aperçut que le meurtrier avait emporté des cartouches de chevrotines, ainsi qu'une somme de 100.000 francs !
Dans un premier temps, les gendarmes sillonnèrent les environs, demandant aux habitants des fermes isolées s'ils avaient aperçu le fuyard. Un chien policier requis de Carcassonne suivit une piste en direction du Sud, mais il fut ensuite désorienté. Finalement, le vendredi soir, on fit apel aux parachutistes de Carcassonne pour mailler le secteur sur plusieurs kilomètres. Environs 120 militaires participèrent à cette opération. Cette chasse à l'homme trouva son épilogue lorsqu'à 12 h. 15, le samedi, dans le bois de Lauzet, le corps de Jean Fabre fut retrouvé, ensanglanté, portant deux impacts de chevrotines sur la poitrine. L'homme s'était suicidé; le fusil était à un mètre du corps.
Etonnement, on ne retrouva ni les cent mille francs, emportés par le forcené, ni les cartouches supplémentaires. On recueilli sur lui son portefeuille contenant 850 francs, mais pas d'autres cartouches que les deux, vides, se trouvant dans le fusil. Dans les heures qui suivirent, le corps de Jean Fabre fut mis en bière et acheminé avec un tracteur jusqu'au village de Rennes-le-Château. Lors d'une même cérémonie, les corps d'Agnès Fabre et de Jean Fabre furent inhumés dans le cimetière.

 

07:22 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0)

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