Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

30/11/2012

Pendant l'apocalypse, le business continue

une-carte-en-relief-pour-la-fin-du-monde_262763_516x343.jpgAlors que le prix de l'immobilier s'envole à Bugarach, qu'un profiteur fasse commerce de roches (prétenduement) recueillies sur place, voici maintenant que l'on veut nous vendre une carte en relief de la région avec pour épicentre le Bugarach. Ceci dans le but, nous dit-on, "de toucher du doigt le mystère". Mon oeil !
"Cette carte, déclare une des deux consoeurs à l'origine du projet, est la première d'une collection appelée Terres de Légendes." Si, au demeurant, une carte en relief de la région de Rennes-le-Château peut avoir quelque utilité (pratique, pédagogique...), les raisons invoquées pour sa commercialisation sont grotesques.
On nous dit ainsi qu'une telle carte serait profitable aux chercheurs enquis de retrouver le tombeau de Marie-Madeleine, entre le Cardou et le pech de Bugarach. De positionner le Bézu, "d'où sortirait rituellement chaque année une procession de fantômes templiers allant rendre hommage à Jacques de Molay."
Autrement dit, croyez au Père Noël si cela vous fait plaisir, mais de toute façon acheter notre carte. Plus dédaigneux...

 

 

29/11/2012

Rhedae, une nouvelle guerre de Troie

Limoux, les Pontils,.jpgL'absence, quasi sidérale, de vestiges archéologiques sur le plateau de Rennes a fait parfois supposer que l'actuel village de Rennes-le-Château n'était peut-être pas l'antique Rhedae des textes anciens. Ex capitale du Razès, sa population, sinon conséquente, a dû être nombreuse. Le Baron Trouvé, qui fut préfet de l'Aude, s'en fait déjà l'écho dans sa Description générale et statistique du département de l'Aude (1818). Pour lui, Limoux existait déjà à l'époque de Jules César, mais sous un autre nom : celui de Rhedae ou Redda. C'était alors une grosse agglomération blottie autour d'un fort perché au sommet d'une colline, surplombant l'Aude (alors l'Atax). Un lieu désormais désigné sur les cartes sous le nom des... Pontils ! *
A son tour, l'avocat Fonds-Lamothe, dans ses Notices historiques sur la ville de Limoux (1838), reprend l'idée. Certes, il s'étonne des analogies de noms toponymiques en usage à Rennes et à Limoux, mais il ne tarde pas à renoncer à cette éventualité. Ainsi, au sujet du château de Redda, celui-ci est encore cité en 1258. Or, la petite cité de Limoux a été saccagée par les croisés de Simon de Montfort en 1209. Comment peut-on encore parler de son château après cela ?
Il y a quelques années, l'archéologue limouxin  Dominique Baudreu s'est intéressé au site des Pontils. Délimité au ruisseau du Cougain et à la rivière de l'Aude, l'endroit, constituée d'une colline globalement ovale, s'étend sur environ une dizaine d'hectares (soit 550 m de long sur 300 m de large). Comparativement, c'est à peu près la même surface qu'occupe la Cité de Carcassonne !
Du temps de Fonds-Lamothe, la terre des Pontils aurait déjà livré des pierres taillées, des débris de tuiles et des vestiges de substructions de maisons ? Quatre silos ont été aussi localisés. Assisterons-nous à une nouvelle guerre de Troie ?... Quel Schliemann nous sauvera du doute ?
En attendant , le lecteur ne sera pas sans remarquer ce nom des Pontils, que l'on retrouve dans les parages de Rennes-le-Château. Et dont la pierre levée du même nom serait un jalon déterminant dans notre affaire.

* Localisation des Pontils : au point de rencontre de l'avenue du Lauragais et de l'avenue François-Clamens. En deça du stade.

06:40 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0)

28/11/2012

Le "mystère" Billard

caudebec.jpgLa mythologie castelrennaise semble donner un rôle particulier à Mgr Billard, qui fut évêque de Carcassonne de 1881 à 1901, dans l'affaire Saunière. Certains le voient comme "téléguidé" par Mgr de Bonnechose (devenu cardinal), qui avait été, lui aussi, évêque de Carcassonne (1847-1855). Plus tard, c'est lui qui aurait favorisé le curé de Rennes-le-Château alors que celui-ci venait de découvrir des documents dans son église. Enfin, certains ont trouvé dès plus suspects le fait que Mgr Billard ait racheté, en son nom propre, le sanctuaire de Notre-Dame de Marceille, situé près de Limoux. En fait, Mgr  Billard avait déjà accompli la moitié de son sacerdoce lorsqu'il fut nommé à Carcassonne. C'est , en effet, en Normandie, qu'il s'y accompli. Cinq ans vicaire à Saint-Rémy de Dieppe (1858-1863), il officie ensuite à Saint-Patrice et à la primatiale de Rouen, jusqu'en 1868, date à laquelle il prend en charge la paroisse de Caudebec-lès-Elbeuf. Là, on le vit disposer d'un argent providentiel...
Alors que Caudebec était doté d'une vieille église gothique moyennâgeuse, composée seulement d'une nef et d'un bas-côté, Arsène Billard fit appel à l'architecte diocésain Edouard Barthélémy en 1869 et passa commande d'une rénovation et d'agrandissements de belle ampleur. Le travail achevé, l'église se voit dotée d'une nef centrale bordée de bas-côtés, d'un clocher à l'angle Sud et d'un choeur rayonnant entouré d'une sacristie. Sur la façade, désormais, s'ouvrent des baies ogivales à remplage. Sommum : Billard, qui n'est que Curé, rappelons-le, fait installer dans l'église un orgue de grande envergure, par un des plus grands facteurs d'orgues de l'époque (Cavaillé-Coll).
Visitant cette église en 2011, Richard Khaitzine, chercheur et écrivain, s'étonne que saint Pierre, dont la statue orne le côté gauche du porche, tienne une énorme croix à l'envers. C'est oublier que l'Evangéliste, acceptant son martyr, aurait obtenu d'être crucifié la tête en bas, se disant indigne de mourir comme le Christ.
Après Caudebec, Arsène Billard passa à Rouen (1877), avant d'être pressenti pour l'Evêché de Carcassonne, en 1881. Préalablement, il reçut la robe violette épiscopale, à Rouen, le 6 août de la même année.