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05/02/2013

Rennes-le-Château, telle le phénix...

pilla 1.jpgPar trois fois, en 1170, 1362 et en 1573, Rhedae, l'ancienne capitale du Razès fut saccagée. La première fois ce fut lors d'une campagne d'annexion entreprise par Alphonse II d'Aragon. Ses troupes s'étaient déjà emparées des châteaux de Peryrepertuse, de Puylaurens et de Quéribus. Ils occupaient également la rive droite de l'Aude. Selon la tradition, l'assaut des Aragonais se porta d'abord sur une position avancée désignée sous le nom de Casteillas, au Sud de la citadelle. Il ne semble pas que la ville opposa une résistance bien farouche. On sait, en effet, que ceux auraient dû en assurer la défense se repentirent par la suite de n'avoir pas pris les précautions d'usage pour éviter une capitulation trop rapide. Rennes, à cette époque, ne dut subir qu'une occupation militaire momentanée. Puis , la place fut démantelée. les murailles abattues, seules deux tours, dit-on,  furent épargnées, une qui était au Sud, l'autre à l'Ouest. Dès lors, Rhedae devint une simple bourgade, comme le veut un acte en date du mois d'août 1185.
Pratiquement deux siècles plus tard, Rennes fut de nouveau mise en coupes réglées. A cette époque,pilla 3.JPG Henri de Transtamarre, prince de Castille, demi-frère de Pierre 1er le Cruel, est hors-la-loi en Espagne. En attendant des jours meilleurs, il sillonne le Midi de la France (Roussillon, Vallespir, Razès et Corbières) à la tête d'une bande de mercenaires sans foi ni loi qui n'est occupée que de pillages et de déprédations. En vain, dit-on, Pierre III de Voisins, seigneurs de Rennes, tenta de l'arrêter dans le Fenouillèdes. Mais il fut vaincu et incapable de l'empêcher de se présenter sous les murs de la vieille citadelle. Avec l'énergie du désespoir, la garnison de Rennes, sans doute soutenue par la population, fit face à ces loups féroces. Mais, dit-on, les Routiers disposaient de canons (sinon d'un canon). Au cours de l'engagement, le malheur voulut que la poudrière soit incendiée. Il s'ensuivit une explosion qui ouvrit une large brèche dans les remparts. Bien sûr, les assaillants s'y engouffrèrent aussitôt; désormais, ils tenaient la place sous leur emprise. Cette résistance des habitants avait augmenté la rage des bandits espagnols. Ils envahirent les églises, pillant les métaux précieux et brisant sans remoprds les statues et les autels; on raconte que dans l'église Saint-Pierre, plusieurs d'entre eux, à la recherche d'un trésor caché, se virent tout à coup expédiés dans un cul-de-basse- fosse pour avoir marché sur une dalle basculante. Une quinzaine de ces iconoclastes furent ainsi engloutis par les ténèbres et se rompirent les os. pilla 2.JPGLorsque ces mercenaires s'éloignèrent enfin, repus de butin, l'antique capitale du Razès n'était plus que l'ombre d'elle-même. Le manoir seigneurial, l'église Sainte-Marie-Madeleine et quelques habitations, c'est tout ce qui restait de ce terrible naufrage.
Le troisième épisode survint lors des guerres de Religion. Le désastre fut peut-être encore plus calamiteux que précédemment. On sait que l'église Sainte-Marie-Madeleine fut incendiée et le château totalement saccagé. Il ne fallut pas moins de trente ans aux habitants de Rennes pour reconstruire et restaurer leur village.

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