Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

27/11/2012

Le Bug... en 1832

Cassini Bugarach.jpgAlors que de nos jours l'ascension du Bugarach n'offre pas de difficultés particulières, il en était bien différemment autrefois. Ainsi, Labouïsse-Rochefort, dans son Voyage à Rennes-les-Bains, paru en 1832, ne cache pas les obstacles que l'excursionniste de l'époque devait affronter pour gravir les pentes de ce nouveau Mont Sinaï.
"Prenant le chemin de Bugarach, écrit-il, à la jonction de deux ruisseaux [le narrateur est alors à hauteur du pont de Sougraigne], on arrive à ce village (celui de Bugarach) par un sentier assez pénible, tracé en partie sur des hauteurs sauvages, hérissées d'énormes blocs de grés, et partie dans un vallon assez resseré. Le village de Bugarach est adossé au pic qui porte ce nom. Il est prudent de prendre un guide dans cet endroit, pour gravir la montagne et de ne tenter cette excursion, que par un temps calme et très-clair. Elle n'est accessible que d'un seul côté; on n'y trouve pas de sentiers battus, il faut se frayer la route à travers les buis et les buissons, du moins jusqu'à une certaine hauteur, où la végétation disparaît. Cette montagne est composée en entier d'un calcaire compacte et ancien. Son élévation au-dessus de la mer est de 448 toises * , et elle domine les montagnes qui l'environnent. On aperçoit de là, un pays immense, une plaine fertile, et l'on découvre les murs de Perpignan." Accompagné du poète catalan A.-J. Carbonnell, Labouïsse-Rochefort le vit alors déclamer toute une poésie sur les beautés qui s'étalaient sous ses yeux. Ces vers lui servirent par la suite d'introduction pour son recueil romantique sur les Pyrénées-Orientales.

* 1 toise = 1,949 mètres, soit 873 m (or, le Bugarach culmine à 1230 m)

26/11/2012

Pierre-Charles Corbu, héros de l'aviation

IMG (3).jpgLe nom de Noël Corbu est indissociable de la rocambolesque autant que mouvementée histoire moderne de Rennes-le-Château. En juillet 1946, Marie Dénarnaud, héritière de l'abbé Saunière, en faisait son légataire universel. Il n'est pas lieu de raconter les deux décennies qu'il passa à Rennes-le-Château. Ce que l'on sait moins, c'est qu'il eut un frère, héros de l'aviation pionnière. Pierre-Charles Corbu était de dix ans son aîné. Né le 6 février 1902 à Levallois-Perret, la proximité de l'aérodrome d'Etampes, lorsqu'il était étudiant au collège de cette ville, n'y fut pas pour peu. Il passa son brevet de pilote le 5 août 1920, servit au 22e Régiment, à Chartres, et partit en Syrie, où sa conduite lui valut de brillantes citations. Rendu à la vie civile deux ans plus tard, il devint pilote de ligne sur Paris-Amsterdam et Paris-Berlin.
Fin 1927, pressenti pour accompagner Léon Givon à bord de l'Oiseau-Bleu, pour une tentative  de traversée de l'Atlantique, Pierre-Charles Corbu fut victime d'un dramatique accident. C'était le samedi 10 décembre, alors qu'il procédait aux essais d'un monoplan de transport, accompagné du mécanicien Lacoste. Il était 11 h. 30, lorsque l'appareil, se trouvant à 150 mètres de hauteur, au-dessus du territoire de la commune de Dugny, se mit à piquer du nez. Faisant encore deux loopings successifs, l'avion heurta violemment le sol à environ 1500 mètres de l'aéroport. En dépit de la rapidité des secours, Corbu et Lacoste étaient déjà morts. Si le corps de Lacoste fut retrouvé à distance de l'épave, celui de Corbu était broyé sous les débris. (Photo : Pierre-Charles Corbu, reproduction strictement interdite)

25/11/2012

Le Bézu, entre les lignes

la canso.jpgVient de paraître, les grandes pages de la Canso, 1208-1219, à l'initiative de la médiéviste Anne Brenon, sous les auspices de Christian Salès. Ce beau texte, en langue occitane, racontre la croisade contre les Albigeois sur une période de dix ans. D'abord écrit par un clerc proche des croisés, Guillaume de Tudèle, pour un tiers; les deux autres tiers sont de la main d'un lettré, curieux et observateur, mais cette fois favorable au comte de Toulouse. De fait, il n'hésite pas à dénoncer le prétexte d'hérésie cathare des barons du Nord qui n'ont que le projet de s'emparer des territoires méridionaux.
Faisant un choix parmi cette vaste épopée lyrique, Anne BrenonIMG_0037.jpg s'est prêtée à une traduction la plus fidèle à l'esprit du texte. C'est dans cette oeuvre que l'on trouverait une allusion au château du Bézu. Au paragraphe 58, il y est dit qu'au lendemain de la prise du château de Termes, la plupart des garnisons abandonnèrent les châteaux dont ils avaient la garde :  "... Alors fut pris Albejes sans être assiégé". Certes, Le Bézu ne s'est jamais appelé Albejes; on aurait dû écrire Albedunum ou bien encore Albedun. L'opinion qui veut qu'Albejes désigne l'Albigeois est en défaut si l'on tient compte du sens de la phrase.
(Photo : A la Bibliothèque Nationale, Christian Salès tenant le manuscrit original de la Canso.)

 

06:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)