Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

17/02/2013

Une sacrée géographie

Espalion.jpgPour beaucoup de chercheurs, la découverte du trésor de Rennes-le-Château passe par la construction d'une figure géométrique que l'on transposera ensuite sur une carte du secteur concerné. Cette transposition peut aussi s'appliquer à tous les indices interprétables dont on dispose : cartes, évidemment, mais aussi toiles de maître, pierres tombales et parchemins. Quelques-uns encore ont mis en pratique cet exercice en prenant pour modèle le domaine de l'abbé Saunière, son église et toutes les annexes qu'il avait aménagé. Après tout, si le procédé ne donne pas de résultat immédiat, c'est un excellent principe de réflexion.
Mais certains opérateurs, au vrai, abusent du procédé. On vient d'en avoir l'exemple tout récemment, où, sur la base du 3-4-5, l'un d'eux en est venu à appliquer ce calcul sur le ... monument aux morts de Rennes-le-Château. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la méthode est spécieuse. Outre le fait que l'abbé Saunière est mort en janvier 1917, donc vingt-deux mois avant la fin de la guerre, il est inélégant d'aller chercher des topiques auprès d'éléments qui ne devraient même pas faire l'objet de spéculations cogitives. A quand un travail sur le château d'eau de Rennes ou son parking ?...

16/02/2013

Avant l'abbé Saunière

Faisant allusion aux nombreuses légendes qui ont cours à Rennes-le-Château, René Descadeillas admet que la plus connue, la plus populaire, est celle de monceaux d'or jadis enfouis dans les parages : à Rennes-le-Château, peut-être, mais aussi à Rennes-les-Bains. Cette légende défie le temps, ajoute-t-il...
Nostradamus.jpgAu nombre de ces "légendes", dont l'ancien Conservateur fait allusion, nous en avons énumérer quelques-unes :
En décembre 1340, deux moines de l'abbaye de Boulbonne envisagèrent de découvrir un trésor enfoui sur une montagne, près de Limoux, en usant de magie. Dénoncés et jugés, ils furent condamnés au Mur perpétuel. En juillet 1374, une déposition faite devant notaire, à Perpignan, atteste qu'un trésor considérable, lors de son transfert, repose en lieu proche d'une cîme dite Roc de l'Aigle. Ce document, en latin, est complété d'une figure géométrique et s'achève sur l'énoncé d'une malédiction pour qui tenterait de s'emparer, sans droit, de ce dépôt. En août 1384, requête fut déposée par un prince venu d'Orient, au sujet d'un trésor caché aux creux d'une montagne, dans la province de Guyenne, dont il connaissait l'existence. Il renonçait volontiers à l'or, à l'argent et autres joyaux, qui revanaient légitimement au roi de France, pour ne revendiquer que deux barils de baume déposés en ce lieu.
En 1541, Paracelse, hermétisme allemand, laisse un testamentLoret.jpg spirituel dans lequel il révèle l'existence de trois trésors encore secrets, dont l'un situé entre la France et l'Espagne, et désigné comme très grand et très puissant. En 1555, dans ses Centuries, Nostramadus rend compte de l'existence d'un roche trésor enfoui dessous la chaîne de Guien. Il rappelle également les risque encourus par ceux qui tenteraient de le mettre au jour. En 1611, Louis XIII donne mission à Jean  Vauquelin des Yvetaux, lieutenant-général en Languedoc, de rendre impraticable une série de galeries et de souterrains dans la région de Rennes. En octrobre 1661, Jean de Loret, poète et échotier, évoque, dans sa Gazette burlesque, la découverte partielle d'un trésor dans le diocèse d'Alet. Blaise d'Hautpoul, seigneur de Rennes et l'évêque Nicolas Pavillon, s'en disputant la propriété.
Enfin, un peu avant la Révolution, sur la foi d'un témoignage rendant compte que le Diable comptait ses pièces d'or sur la montagne de Blanchefort, des paysans de Montferrand convoquèrent un sorcier pour disputer son magot au Malin. L'affaire tourna court et le marquis de Fleury, propriétaire des terres, fut près de leur faire un procès pour s'être comportés en territoires conquis. (Ph. à gauche : Nostradamus; à droite, Jean Loret)

 

08:21 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0)

15/02/2013

Une étrange opération foncière

RLB.JPGPeu connue, cette histoire est tout à fait authentique.
La confiance que l'on accordait volontiers à l'abbé Henri Boudet, curé de Rennes-les-Bains, lui valut un jour la visite d'un notaire de Toulouse. Celui-ci l'invita à choisir, parmi les habitants de sa paroisse, trois ou quatre concitoyens pour lesquels il pouvait s'en remettre. A eux de se porter acquéreurs de certaines parcelles, - toutes situées sur le territoire de la commune, désignées à l'avance. Le plus étonnant, c'est que ces superficies n'étaient en fait que des coins de garrigue ou des côteaux en friches. Bien sûr, le tabellion fournissait les fonds pour ces achats.
L'abbé Boudet trouva des acquéreurs pour officialiser ces transactions. Bien évidement, les terrains achetés devenaient la propriété de ceux dont les noms figuraient sur les actes de vente. L'affaire en resta là, lorsque, à peine un an plus tard, l'abbé Boudet apprit la mort de ce notaire de Toulouse. Alors qu'il se promenait sur un chemin de campagne, il fut tué d'une pierre qui l'avait atteint à la tête. Crime ou accident ? Jamais on n'identifia l'auteur de cet acte *.
Plus bizarre encore, une vérification au cadastre, il y a une quinzaine d'années, a révélé que toutes les parcelles en question n'appartenaient plus aux acheteurs de l'époque; en un temps réduit, elles sont passées entre d'autres mains. Un dossier existe sur cette épineuse affaire.

* Il faut probablement rapprocher cette affaire d'une rumeur que fit naître, en 1973, Maurice Guinguand, qui, dans son livre, l'Or des Templiers (Robert Laffont, éd.), raconte qu'en 1884 (sic), l'abbé Saunière, au cours d'une partie de chasse, poussa dans le vide un notaire qui lui avait précédemment remis des parchemins, au sujet d'un secret caché dans l'église de Rennes-le-Château. Les deux hommes auraient eu un désaccord sur le partage des profits.