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03/02/2013

L'affaire Genibrel, tonton pourquoi tu tousses ?

Courant année 2000, la mairie de Rennes-le-Château reçoit une lettre d'un américain vivant à Long Beach (Californie), du nom de Jean-Louis Genibrel. Il sollicite l'autorisation de faire procéder à une échographie de terrain, prétendant avoir des renseignements sur le trésor de l'abbé Saunière. Jean-François Lhuilier est alors maire de Rennes-le-Château, et des lettres de cette nature il en reçoit une dizaine par an. D'instinct, il n'y répond pas. Quelques temps plus tard, son interlocuteur lui téléphone et réitère sa requête. Le maire lui répond que les fouilles sont interdites sur le périmètre de Rennes-le-Château. Mais son lointain correspondant à une histoire différente à lui raconter, plutôt qu'une simple recherche du trésor. D'origine française, il est l'arrière petit-neveu du chef de chantier qui travailla à la construction de la tour Magdala. Or, son oncle aurait aidé l'abbé Saunière à cacher un coffre et d'autres objets sous les fondations de la tour. Cette fois, Jean-François Lhuilier est réceptif. Si bien qu'il donnera son accord pour la recherche sollicitée.
Le 17 avril 2001 se présentera donc à Rennes une équipe de trois spécialistes canadiens, accompagnés de quatre archéologues de la John Merril Fondation (dont le siège social est à San Francisco). Le groupe est supervisé par le professeur Robert Eisenmann (spécialiste de l'étude des rouleaux de la Mer Morte). Dans la journée même, les techniciens sont à pied d'oeuvre. La base de la tour est soumise à une échographie. Et, suprise ! Sur l'écran de l'ordinateur, on voit se dessiner un objet quadrangulaire : un coffre de 90 centimètres sur 13, localisé à 4 mètres de profondeur !
DSC_1183.JPGLors des conversations, le maire de Rennes-le-Château apprendra que ce coffre devrait contenir une quinzaine de documents et que l'abbé Saunière avait imaginé de garder un jalon de cette cachette en modifiant la couleur du quart d'une rosace formant un motif du carrelage de la tour Magdala.
Enthousiasmé par ce résultat, Jean-François Lhuilier accordera également à l'équipe américano-canadienne d'effectuer la même opération dans l'église de Rennes. Le résultat sera tout aussi positif. Le "tombeau des Seigneurs", dont on sait l'existence en sous-sol, apparaît bientôt à l'écran ! On sait la suite. Une autorisation de fouilles, appuyée par la municipalité de Rennes, sera soumise à la DRAC. Refus de celle-ci assimilant cette initiative à une chasse au trésor. Las ! Jean-François Lhuilier, prétextant que le domaine de l'abbé Saunière n'est pas classé, procédera à des fouilles dans le sous-sol de la tour. Mauvaise pioche ! Le coffre repéré sur écran s'avère, en réalité, n'être qu'une grosse pierre taillée...
Rétrospectivement, on peut s'étonner de l'emballement au sujet des pseudos révélations du sieur Genibrel, qui touchent au canular. C'est oublier qu'il y a près de quarante ans, déjà, on évoquait une histoire identique. En effet, l'abbé Saunière serait intervenu pendant que les ouvriers creusaient les fondations de la tour Magdala. Dans son manteau, il transportait une caisse de bois, "de la dimension d'un bébé" (voyez l'atroce allusion). De ses propres mains, Saunière aurait déposé la caisse dans une excavation que les ouvriers comblèrent aussitôt. Pour ceux qui ne me croiraient pas, qu'ils se procurent un exemplaire du quotidien l'Indépendant du 3 décembre 1967. Ils y trouveront un article de Pierre Sourbès racontant tout cela en détails.

24/01/2013

Une étrange coïncidence

Régulièrement évoqué depuis sa publication dans Terre de Rhedae, le cliché des 5 Curés : Bérenger Saunière, Malot, Alfred Saunière, Boudet et Gélis, semble faire l'unanimité quant à son authenticité. On en a même tiré une carte postale. Pourtant, quelques doutes ont été émis *. Cette photo serait un montage destiné à démontrer qu'à une date donnée, nos cinq Curés ont voulu immortaliser une rencontre importante.
Chacun sait que l'art de la tromperie consiste à donner l'impression du vraisemblable. Dans ces conditions, est-il plus prudent de s'appuyer sur des antécédents. Les commentateurs du cliché des 5 Curés n'ont pas manqué de faire observer l'attitude "cérémonielle" de nos protagonistes. Or, ne serait-il pas opportun de le comparer avec cette photo datant de 1878, théâtralisant l'attitude des promoteurs d'une certaine église catholique indépendante, fondée à Paris, rue Rochefort (IXe arrondissement) ?... Ce choix n'est pas anodin.

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C'est une lente évolution d'un prêtre apostat et excommunié du nom de Hyacinthe Loyson (1827-1912). Prédicateur, il fut un disciple particulièrement assidu du R.P Lacordaire. Mais, par la suite, leur chemin se séparèrent. Loyson entra en dissidence avec la frange royaliste de l'époque (précisément ceux que père Hyacinthe  (2).jpgl'on désignait comme des Ultramontains) et tint tête au pape qui lui demandait plus de conformisme. Ses prêches redoutables lui valurent la proposition de se mettre à la tête d'une église catholique indépendante, soutenue par l'Eglise anglicane, en la personne de l'archevêque de Cantorbury. Mais, très tôt, des dissenssions divisèrent cette communauté. A son grand dam, l'abbé Loyson fut poussé vers la sortie par ses détracteurs. Entretemps, notre trublion s'était marié avec une américaine. Conservant encore de chauds partisans, l'abbé Loyson continua sa carrière d'orateur. Il mourut à l'âge de 85 ans et fut enterré au Père-Lachaise.

* Voir notre brève du 29 octobre 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

31/12/2012

Rennes-le-Château/Coutaussa : odyssée d'une pierre de bornage

Borne Boudet.jpgGuidant le lecteur sur la circonvolution de son fameux Cromleck, l'abbé Boudet signale l'existence d'une pierre de bornage dans les parages de la ferme de Peyre Picade, précisément à vingt mètres au Nord-Ouest des rochers du Cugulhou. Selon sa description, celle-ci, située à la lisière des terres de Coustaussa et de Rennes-le-Château, était ornée d'un écusson de chaque côté de sa face, correspondant à la baronnie dont dépendait les terres qui la jouxtaient.
C'est en pure perte qu'on la chercherait aujourd'hui. Voici un peu moins de quinze ans que cette pierre a été enlevée, pour la jalouse satisfaction d'un prédateur. Nous savons désormais qu'elle trône au milieu d'un salon chez un habitant de Quillan. On se consolera en se repassant des photos prises de cette borne au moment de sa découverte. (Sur la photo : face "Rennes-le-Château")