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23/12/2012

Bugarach, une montagne d'inepties

JM Pous.jpgPour avoir échappé à une catastrophe planétaire, les déclarations clownesques ne nous ont pas été épargnées. Ainsi, une "feuille" suisse s'est faite l'écho des déclarations d'un chercheur parisien, Jean-Michel Pous, assidu à cette région depuis trente ans. Fort d'une documentation laborieusement accumulée, d'un ratissage aussi large que possible de toutes les informations qui circulent sur le Net, notre quidam s'est laissé aller à la confidence.
Admettant fouiller la région "en toute illégalité", Jean-Michel Pous se targue, dès lors, de connaître la montagne de Bugarach "dans ses moindres recoins." - "Je sais qu'elle renferme des choses importantes..." A quoi songe-t-il ? En premier lieu, au tombeau du Christ * ! L'hypothèse que j'avance, insiste-t-il, est  qu'à sa mort, Jésus a été placé sous le Temple de Salomon. Par la suite, lors des Croisades, les Templiers ont ramené son corps dans la Haute Vallée de l'Aude, pour le cacher sous le Bugarach, qui était connu à l'époque pour contenir toutes sortes de reliques." Lorsqu'il parle de reliques, Jean-Michel Pous fait allusion au Graal, au trésor des Wisigoths et à celui des Templiers.
Trente ans de recherches sans résultat, n'est-ce pas un aveu d'échec ?  Notre baroudeur se défend de cette conquête de l'inutile. "Après 30 ans de recherches, j'ai découvert des entrées de grottes que je vais explorer... Tant que je n'aurai pas remonté toutes les pistes qui s'ouvrent à moi, je continuerai à me passionner pour cette vallée qui a tant à nous apprendre sur notre Histoire."

* Que fait-on de la Résurrection ? Comment retrouver le corps du Christ, alors que sa personne a été consacrée par une onction divine. Jésus est mort, mais pas le Christ.

11/12/2012

Jean Pellet, gentleman aventurier

J. Pellet.jpgIl y a trois mois, le 11 septembre 2012, Jean Pellet décédait à son domicile, à Espéraza. C'était un chercheur de la première heure. Il s'était intéressé à Rennes-le-Château vers 1957 ou 1958. Il fit la connaissance de Noël Corbu et reçut toujours un bon accueil au domaine. Jean Pellet était né en 1930, dans la région lyonnaise. Les affaires de trésors l'ont toujours passionné. Il s'est beaucoup intéressé à l'énigme des chartreux de Villeneuve-lès-Avignon, ainsi qu'à Arginy. Mais il est surtout passé aux travaux pratiques à Lyon, au sujet d'une collection d'armes anciennes cachées à la veille de la guerre 14, dans le parc d'une propriété. Modeste chef d'entreprise, le hasard le fit s'associer avec Henri Buthion. C'est Jean Pellet qui lui fit découvrir Rennes-le-Château. Très vite, le charme opéra. Au point que lorsque Corbu chercha un repreneur pour l'hôtel-restaurant, Henri Buthion se porta aussitôt acquéreur. C'était en 1965.
Assez rapidement, Jean Pellet s'était convaincu que la région de Rennes-le-Château abritait plusieurs 1406122328019808[1].jpgtrésors cachés. Mais le plus important était le butin enfoui par les Wisigoths au VIe siècle, près de Rennes-les-Bains. Il avait retrouvé la grotte, reconnu les signes d'authentification, mais des obstacles naturels avaient différé la découverte du trésor.
Au plan humain, Jean Pellet était un personnage atypique, mais d'une grande gentillesse. La vie l'avait parfois malmené, mais sa passion le faisait tenir debout. Outre des articles de presse et un ou deux reportages télévisuels où il s'exprime, on notera principalement l'interview auquel il se prêta en mai 2012 à l'occasion de la sortie du DVD intitulé : "Le secret de Blanchefort" (éd. Pégase). L'entretien qui lui est consacré constitue l'un des trois volets de cette production. Il s'y exprime en toute liberté, développant ses idées et confiant à la caméra de garder encore quelques-uns de ses secrets pour son livre à paraître.

30/11/2012

Pendant l'apocalypse, le business continue

une-carte-en-relief-pour-la-fin-du-monde_262763_516x343.jpgAlors que le prix de l'immobilier s'envole à Bugarach, qu'un profiteur fasse commerce de roches (prétenduement) recueillies sur place, voici maintenant que l'on veut nous vendre une carte en relief de la région avec pour épicentre le Bugarach. Ceci dans le but, nous dit-on, "de toucher du doigt le mystère". Mon oeil !
"Cette carte, déclare une des deux consoeurs à l'origine du projet, est la première d'une collection appelée Terres de Légendes." Si, au demeurant, une carte en relief de la région de Rennes-le-Château peut avoir quelque utilité (pratique, pédagogique...), les raisons invoquées pour sa commercialisation sont grotesques.
On nous dit ainsi qu'une telle carte serait profitable aux chercheurs enquis de retrouver le tombeau de Marie-Madeleine, entre le Cardou et le pech de Bugarach. De positionner le Bézu, "d'où sortirait rituellement chaque année une procession de fantômes templiers allant rendre hommage à Jacques de Molay."
Autrement dit, croyez au Père Noël si cela vous fait plaisir, mais de toute façon acheter notre carte. Plus dédaigneux...