Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

24/02/2013

La banque Petitjean

En novembre 1911, en pleine tourmente procédurale avec l'Officialité de Carcassonne, l'abbé Saunière songe à vendre son domaine. La contre publicité que lui fait l'évêque depuis plus d'un an assèche ses Petitjean,.jpgsources de revenus. Il prend alors contact avec la banque Petitjean, qui est moins un établissement de dépôts qu'un fonds de gestion. Mais, lorsqu'il reçoit la visite du délégué pour déterminer la valeur du bien, le curé de Rennes a la malencontreuse idée de lui proposer unPetitjean Buvard.jpg dessous-de-table pour éviter la commission revenant à la banque en cas de vente. Bien sûr, le fondé de pouvoir refuse poliement, mais fermement. Au final, en janvier 1913, l'abbé Saunière souscrira un emprunt auprès du Crédit Foncier pour un montant de 6000 francs. Marie Dénarnaud continuera de le rembourser bien des années après la mort du curé.

Petitjean 2.jpg

22/02/2013

Un séjour oublié d'Emma Calvé

 

Madame-Emma-Calve-A-Dupont.pngAlors en pleine gloire, Emma Calvé est touchée cruellement par le destin. Son neveu, Elie, jeune comédien de vingt-quatre ans, succombe à une embolie, le 2 juillet 1929. Emma, qui choyait le jeune homme comme un fils et le destinait à être son seul héritier, se désintéresse désormais de beaucoup de choses. En tout premier lieu, elle vend le château de Cabrières qu'elle avait acquis en 1894 et va abriter son chagrin à Gagny, près de Paris, au Château-Rouge. Ses meubles et tous ses effets personnels resteront pendant des mois entreposés dans une des dépendances de cette demeure.
A Gagny, elle trouvera l'affection et la gentillesse des soeurs Boué, célèbres couturières du Tout-Paris de la Belle Epoque. Certes, Emma Calvé remontera sur scène, elle recevra même en 1931 la Légion d'honneur, mais son déclin est amorcé. Au seuil de sa mort, elle sera pratiquement ruinée. Elle s'éteindra, finalement, à peu près oubliée, dans une clinique de Montpellier, le 6 janvier 1942.

 

gagny.jpg

 

 

 

Le château de Maison-Rouge à Gagny (Seine-Saint-Denis). A l'abandon pendant la Seconde guerre mondiale, il sera ensuite vandalisé. Vendu par adjudication en 1955, il sera rasé par des promoteurs. Une zone pavillonnaire s'étend désormais sur son emplacement et sur toute la superficie de son ancien parc.

gagny bis.jpg

20/02/2013

31 mars 1956 : découverte macabre dans le parc de l'Hôtel de la Tour

Profitant des premiers beaux jours, une petite équipe, venue de Carcassonne, s'était mise à l' oeuvre pour percer à jour le secret de l'abbé Saunière. Le maire avait donné son consentement pour l'église ; Noël Corbu, pour les abords du domaine. C'était plus un voyage d'études qu'une chasse au trésor considérant les candidats en présence : M. Despeyronat, radiesthésiste; le docteur Malacan, qui exerçait à Chalabre; M. Brunon, opticien à Carcassonne; enfin, René Descadeillas, alors conservateur de la Bibliothèque Municipale de Carcassonne. Si l'église se révéla d'un certain intérêt, une surprise de taille les attendait dans le parc du domaine.
espagnols.jpgDésignant un point particulier avec son pendule, M. Despeyronat invita les préposés à la pelle et à la pioche à creuser près d'un périmètre cerclé de cyprés. Effectivement, à 1,50 m, les piocheurs rencontrèrent un obstacle : des dalles qu'ils soulevèrent et mirent de côté. Mais, à peine avaient-ils repris leur besogne qu'un crâne apparut à fleur de terre. Puis, un fémur, et encore un os assez long. Ils crurent tout d'abord avoir exhumé un squelette très ancien. Mais lorsque Sultan, le chien de Noël Corbu, vint  flairer ces ossements, ils s'aperçurent que des lambeaux de chair y adhéraient encore ! Aussitôt cette constatation, Noël Corbu téléphona à la gendarmerie de Couiza. Le Maire de Rennes-le-Château, Etienne Delmas, fut également prévenu. Dès le lendemain, un travail méticuleux d'exhumation fut poursuivi. Au final, les restes retrouvés étaient ceux de trois hommes adultes, tout au plus âgés de 25 à 35 ans. La date de leur décès remontait guère à plus de douze ans !
Sur la foi d'un permis d'inhumer, ces ossements furent réunis dans un cercueil. Le maire dressa un acte d'état-civil d'inhumation avant de faire procéder à l'envelissement dans le cimetière communal.
Sur commission rogatoire, les gendarmes de Couiza tentèrent d'en savoir davantage. On évoqua la présence de maquisards espagnols venus se réfufier dans l'ancien domaine de l'abbé Saunière, à la fin de 1944 ou au début de 1945. A cette époque, la tour et la villa étaient désertées ; Marie Dénarnaud, la propriétaire des lieux, ne sortait guère du presbytère. Un médecin espagnol et son épouse seraient, dit-on, restés quelques mois, à la même époque, dans le domaine. Les trois cadavres de l'Hôtel de la Tour sont-ils ceux de guérilleros venus mourir là, suite à de graves blessures ? S'agit-il des corps de quelque collabo exécuté sans autre forme de procès ? On ne le saura jamais. Quant aux gens de Rennes, ils ne se souvenaient de rien.