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18/12/2012

L'oeil de verre de l'abbé Saunière : info ou intox

A1.tif.jpgEn 1967, dans l'Or de Rennes, Gérard de Sède trace un portrait extrêmement flatteur de l'abbé Saunière. Il nous le présente grand, carré, large d'épaules, le visage plébéien doté d'une mâchoire carnassière. Mais, surtout, un front haut et des yeux noirs beaux et vifs. Or, si dans le Trésor maudit de Rennes-le-Château (1968), Gérard de Sède n'a rien changé de sa version, il en est différemment en 1977 dans Signé Rose+Croix. Le texte est identique, mais au sujet du regard de l'abbé Saunière, il y  intercale un détail étonnant :  "A partir d'une certaine époque, souligne-t-il, l'on y discerne une inquiétante fixité, c'est que l'homme, accidenté on ne sait comment, eut vers la cinquantaine , un oeil de verre.". Il conservera encore ce détail dans Le dossier, les impostures, les phantasmes, les hypothèses (1988). Alors, infox ou intox, l'abbé Saunière a-t-il été affecté de cette infirmité ?
Affliger Saunière d'un oeil de verre n'est pas anodin. L'indication n'est pas sans nous rappeler un quatrain de Nostradamus (I,27) où celui-ci prophétise très précisément : Dessous de chaîne Guien du Ciel frappé/Non loin de là est caché le trésor,/Qui par longs siècles avoir esté grappé,/trouvé, mourra, l'oeil crevé de ressor.
Certes, l'astrophile promet la mort à l'inventeur du trésor, mais dans le cas présent Saunière s'en serait tiré avec un oeil en moins. On appréciera l'ignorance affectée de Gérard de Sède quant au motif de l'accident, alors qu'il sous-entend que notre curé se serait blessé en manipulant un mécanisme, dernier obtacle avant d'atteindre le trésor

 

10/12/2012

A propos d'un certain pilier

IMG_0150.jpgAvant que l'abbé Saunière ne le remplace par l'actuel en terre cuite, don d'une dévôte, en 1887, l'autel de l'église de Rennes-le-Château était constitué d'une grande table, prise sur un côté dans le mur, et soutenue par deux piliers; l'un brut, l'autre sculpté. Les sculptures représentant des motifs  de l'ère carolingienne. On sait que par la suite, Saunière utilisa le second pilier comme piédestal pour une Vierge de Lourdes, qu'il plaça dans un petit jardin jouxtant l'église. Si la pierre d'autel a été identifiée depuis comme étant un couvercle de sarcophage; en revanche, on ne sait pas ce qu'est devenu le pilier qui était à l'état brut.
Selon certains échos, pourtant, l'abbé Saunière l'aurait fait sculpté et placé au hameau du Cercle, près de Rennes-les-Bains. Son objectif : baliser un parcours propre à rendre possible la localisation d'un endroit. Ce pilier, situé à l'entrée de la propriété d'un militaire en retraite, le capitaine Martineu, resta en place jusqu'au début des années 1970. Vers cette période, il fut dérobé par deux inconnus qui l'engouffrèrent dans leur 4 X 4 avant de disparaître. Fort heureusement, une photo prise à la fin des années 1960 nous en conserve le souvenir et le relief. Comprenne qui pourra... (Reproduction de la photo strictement interdite)

09/12/2012

Le "cahier à notes" de l'abbé Gélis

IMG (8).jpgLa découverte du corps de l'abbé Antoine Gélis, sauvagementIMG_0001 (3).jpg assassiné dans son presbytère, à Coustaussa, au matin du 1er novembre 1897, donna lieu à une enquête policière. Selon la norme habituelle, le juge d'instruction fit procéder aux constations d'usage et à la saisie des papiers de la victime. On sait que parmi ceux-ci, les enquêteurs retrouvèrent un mémo indiquant, avec plus ou moins de précision, l'emplacement de plusieurs cachettes, disséminées dans le presbytère, la cave et le jardin, contenant des numéraires en or ou en argent, pour un total global non négligeable. Une cachette, d'ailleurs, désigné dans le document, n'a pas été retrouvée.
Parmi les papiers, on trouva aussi un carnet de comptes, mais aussi un "cahier à notes". Le carnet de comptes semble être une sorte de journal de bord dans lequel l'abbé Gélis inscrit ses rentrées d'argent. En revanche, le "cahier à notes" correspondrait à celui des dépenses. Mais pas les siennes...
Le carnet à notes subsistant a été tenu du 22 juin 1895 au 30 octobre 1897, donc dans la journée qui a précédée sa mort. C'est une succession de dépenses souvent peu importantes, mais ininterrompues. Des noms sont cités. L'abbé Gélis semble agir comme un trésorier-payeur. Il inscrit les "sorties"  sans mettre IMG_0003.jpgen parallèle les "rentrées". On peut penser qu'il tient le rôle d'un mandataire. Les sommes ne font que passer entre ses mains. Il place ainsi du "chemin de fer", avec recommandation à son intermédiaire, de ne jamais lui écrireIMG_0002 (2).jpg à ce sujet. Les différents petits "magots" retrouvés dans son presbytère ne seraient donc que des dépôts, comme l'on en ferait auprès d'une banque, afin de les sécuriser.
La mort de l'abbé Gélis est-elle en rapport avec cette activité souterraine ? Interrompue brusquement, s'est-elle reportée sur une autre personne de confiance ? Un autre curé de la région ? Le mystère est complet.