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08/12/2012

Arques. Un blason d'infamie.

arques3.jpgVisible depuis la route des Corbières, au-delà du village de Serres, le château d'Arques impressionne par sa masse élancée. Mis en chantier vers 1280 à l'initiative de Gilles 1er de Voisins, il fut achevé par son fils Gilles II (Rappelons que ces Voisins étaient de la parenté du seigneur de Rennes-le-Château), vers 1310. Il n'y aurait rien à dire de particulier sur cette lignée de hobereaux se succédant au château si, en 1373, l'arrière-arrière petit-fils de Gilles 1er, Jean de Voisins, n'avait pas contrevenu aux lois fondamentales de la féodalité. Cette année-là, effectivement, des gens d'armes de Jean de Voisins capturent sur les terres seigneuriales des pirates gênois alors en cavale, échappés des geôles de Narbonne. Dans un premier temps, Jean de Voisins les fit jeter au cachot. Mais, sans doute, les forbans lui proposèrent-ils une riche récompense s'il les laissaient fuir en Espagne. Aussi saugrenu que cela paraisse, Jean de Voisins accepta. Mais la présence de ces prisonniers fut bientôt connue. La justice royale exigea qu'on les leur remette. Mais, loin d'obtempérer, le seigneur d'Arques alla jusqu'au bout de sa logique. Les pirates gênois échappèrent bel et bien à la justice du roi. La sanction ne se fit pas attendre. Par lettres-patentes de Charles V en date du 30 août 1373, le sénéchal de Carcassonne fit arrêter l'insubordonné Voisins et plaça ses biens sous séquestre. Mais la sanction devait être publique. Son écu, répété quatre fois au château et à l'église d'Arques, fut descellé, brisé et réintroduit... à l'envers.
C'est son frère, Géraud de Voisins, qui le remplaça aux affaires. Jean de Voisins ne retrouva une certaine autonomie que quarante ans plus tard. On sait qu'il assista aux Etats Généraux du Languedoc, qui se sont tenus à Béziers, le 20 avril 1420. A la Révolution, on se garda de marteler ces blasons inversés ; probablement étaient-ils dans la réflexion de perpétuer l’infamie dont avait été frappé un ci-devant...

05/12/2012

Les Dalbiès à Rennes-le-Château

IMG (6).jpgEn 1820 décède au château de Rennes, Marie-Anne Elisabeth, dans le plus grand dénuement. Elle était la deuxième fille du dernier seigneur de Rennes, François d'Hautpoul, mort en 1753. Harcelée par les créanciers, c'est l'un d'eux, Michel Captier, qui se fera attribuer le château en toute propriété. Les Captier, père et fils, le garderont jusqu'en 1867, date à laquelle Isidore Captier,  fils, le mettra en vente. Il sera finalement racheté par les frères Dalbiès, François et Joseph, agriculteurs à Rabouillet, dans le pays de Sault. La transaction sera conclue pour la somme de 20.000 francs, payable en dix ans. En garantie, tous les biens des deux frères Dalbiès sont hypothéqués, terres et bâtis. Dès lors, les Dalbiès imprimeront leur ancrage à Rennes-le-Château. Ainsi, Joseph Dalbiès sera maire du village de 1919 à 1924.

01/12/2012

L'affaire Gélis. Comme en 1943...

IMG - Copie.jpgL'émotion suscitée par l'assassinat de l'abbé Antoine Gélis, curé de Coustaussa, tué dans son presbytère dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1897, n'a pas soulevé que de la compassion. Elle a aussi révélé quelques mauvais instincts chez nos compatriotes. Ainsi, une semaine après le drame de Coustaussa, le Procureur de la République, à Carcassonne, recevait une lettre anonyme. Un homme d'ordre, comme il signa sa missive, citoyen de Lapradelle-Miraval, désignait ainsi à la vindicte un nommé C***. Suspect à plus d'un titre, celui-ci était "rentré chez lui fort avant dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre; repartant le 3 pour Toulouse... N'aurait-il pas pu inspirer et préparer ce crime ?" insiste ce courageux anonyme. Et notre justicier de détailler le palmarès crapuleux de l'individu dans la région de Lapradelle-Miraval, jusqu'à Lavaur. Douterait-on de la culpabilité du personnage, notre homme de l'ordre suggère alors au Procureur de se renseigner auprès de la 6e Chambre civile de Paris, au Tribunal de Figeac et à celui de Villefranche-de-Rouergue.
Bien sûr, le délateur n'assume pas son geste et reste piteusement caché derrière une épithète justifiant sa démarche.
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