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16/02/2013

Avant l'abbé Saunière

Faisant allusion aux nombreuses légendes qui ont cours à Rennes-le-Château, René Descadeillas admet que la plus connue, la plus populaire, est celle de monceaux d'or jadis enfouis dans les parages : à Rennes-le-Château, peut-être, mais aussi à Rennes-les-Bains. Cette légende défie le temps, ajoute-t-il...
Nostradamus.jpgAu nombre de ces "légendes", dont l'ancien Conservateur fait allusion, nous en avons énumérer quelques-unes :
En décembre 1340, deux moines de l'abbaye de Boulbonne envisagèrent de découvrir un trésor enfoui sur une montagne, près de Limoux, en usant de magie. Dénoncés et jugés, ils furent condamnés au Mur perpétuel. En juillet 1374, une déposition faite devant notaire, à Perpignan, atteste qu'un trésor considérable, lors de son transfert, repose en lieu proche d'une cîme dite Roc de l'Aigle. Ce document, en latin, est complété d'une figure géométrique et s'achève sur l'énoncé d'une malédiction pour qui tenterait de s'emparer, sans droit, de ce dépôt. En août 1384, requête fut déposée par un prince venu d'Orient, au sujet d'un trésor caché aux creux d'une montagne, dans la province de Guyenne, dont il connaissait l'existence. Il renonçait volontiers à l'or, à l'argent et autres joyaux, qui revanaient légitimement au roi de France, pour ne revendiquer que deux barils de baume déposés en ce lieu.
En 1541, Paracelse, hermétisme allemand, laisse un testamentLoret.jpg spirituel dans lequel il révèle l'existence de trois trésors encore secrets, dont l'un situé entre la France et l'Espagne, et désigné comme très grand et très puissant. En 1555, dans ses Centuries, Nostramadus rend compte de l'existence d'un roche trésor enfoui dessous la chaîne de Guien. Il rappelle également les risque encourus par ceux qui tenteraient de le mettre au jour. En 1611, Louis XIII donne mission à Jean  Vauquelin des Yvetaux, lieutenant-général en Languedoc, de rendre impraticable une série de galeries et de souterrains dans la région de Rennes. En octrobre 1661, Jean de Loret, poète et échotier, évoque, dans sa Gazette burlesque, la découverte partielle d'un trésor dans le diocèse d'Alet. Blaise d'Hautpoul, seigneur de Rennes et l'évêque Nicolas Pavillon, s'en disputant la propriété.
Enfin, un peu avant la Révolution, sur la foi d'un témoignage rendant compte que le Diable comptait ses pièces d'or sur la montagne de Blanchefort, des paysans de Montferrand convoquèrent un sorcier pour disputer son magot au Malin. L'affaire tourna court et le marquis de Fleury, propriétaire des terres, fut près de leur faire un procès pour s'être comportés en territoires conquis. (Ph. à gauche : Nostradamus; à droite, Jean Loret)

 

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16/01/2013

le village disparu de Jaffus

Jaffus.JPGLa ferme de Jaffus est à peu près située à égale distance de Rennes-le-Château et de Rennes-les-Bains. En 1959, son propriétaire, procédant à des labours plus profonds que d'habitude, derrière sa ferme, mit au jour des fondations de constructions qui s'avérèrent constituer une série de murs parallèles. Ce n'était pas la première fois que les terres entourant Jaffus livraient des restes d'habitats. Il y a un demi siècle encore, elles voisinaient avec une ruine informe, mais de belles proportions, que l'on considérait comme celle d'une vieille église. C'est ainsi qu'en 1891, lorsqu'un incendie ravagea les bâtiments principaux, on prit les pierres de la ruine pour reconstruire ce qui avait été sinistré. Depuis ce temps, on peut voir, sur la façade de la métairie, parmi les pierres de rajout, un linteau portant des inscriptions et la date de 1722.
Il est à penser que la ferme de Jaffus constitue le dernier jalon d'un village qui subsista, croit-on, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. seule son église lui survécut un siècle de plus. Sa position à l'entrée de l'ancien chemin qui conduisait à Rennes, en venant du Sud, a fait supposer que ce village fut saccagé en 1362 par les Routiers aragonais et catalans d'Henry de Transtamarre, qui projetaient de s'emparer de l'antique capitale du Razès.

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26/12/2012

Le lac de Rhedae

100_0929.JPGUn lac aurait existé entre le plateau de Rennes et le  bourg d'Espéraza, occupant toute la vallée des Couleurs. Sa disparition mystérieuse serait liée avec celle du village d'Asparazanus, qui était situé en aval du bourg actuel d'Espéraza, qui n'existait pas encore. Cité dès le début du IXe siècle, comme le siège d'un prieuré fondé par le Chapitre d'Alet, il ne cesse de prospérer jusqu'en 1145. Puis, brusquement, les documents n'en font plus mention. Que s'est-il passé ? Il est probable que son sort fut lié à une catastrophe naturelle. La géologie viendrait à l'appui de cette hypothèse. Pour des raisons inconnues, les eaux du lac se seraient répandues dans toute la vallée des Couleurs, engloutissant fermes et villages, dont celui d'Asparazanus. On n'en savait pas davantage lorsque, vers 1878, alors que l'on procédait à des travaux consécutifs à la pause de la voie ferrée Carcassonne/Quillan, les terrassiers mirent au jour, dans le quartier de Garnaud, en continuité de l'actuel village d'Espéraza, des substructions de bâtiments  sous quatre-vingt centimètres de terre végétale. Ces ruines étaient situées dans un terrain en nette déclivité.

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