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03/12/2012

Sénestrogyre, toi-même !

DSC_1024.JPGDSC_1023.JPGAux mystères vrais ou supposés de la décoration de l'église de Rennes-le-Château, quelques-uns ne sont que le résultat d'une certaine méconnaissance de ceux qui les énoncent. Il en est ainsi du Chemin de Croix considéré comme sénes-trogyre (tournant de la gauche vers la droite), alors que, conventionnellement, il devrait être dextrogyre (tournant de la droite vers la gauche). Or, qu'un Chemin de Croix commence côté Evangile * ou côté Epître ** n'a aucune incidence. Cette disposition n'est régie par aucune obligation canonique.
A cet égard, les Chemins de Croix ne sont pas l'exclusivité des églises. Il est permis d'en ériger dans des cimetières, des cloîtres et même en plein air. Dans ce dernier cas, les prescriptions recommandent de commencer ou de terminer ce Chemin de Croix dans une église ou une chapelle. Enfin, il n'y a pas de restriction pour procéder à plusieurs Chemins de Croix dans une même église. Cela peut être le cas dans une nef, une chapelle latérale ou une tribune. (Réf. de lecture : Le catholicisme, hier, aujourd'hui, demain, t.2, 1950, pp. 1035-1038).

  * Côté gauche de l'autel, en lui faisant face.
** Côté droit de l’autel, en lui faisant face.

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29/11/2012

Rhedae, une nouvelle guerre de Troie

Limoux, les Pontils,.jpgL'absence, quasi sidérale, de vestiges archéologiques sur le plateau de Rennes a fait parfois supposer que l'actuel village de Rennes-le-Château n'était peut-être pas l'antique Rhedae des textes anciens. Ex capitale du Razès, sa population, sinon conséquente, a dû être nombreuse. Le Baron Trouvé, qui fut préfet de l'Aude, s'en fait déjà l'écho dans sa Description générale et statistique du département de l'Aude (1818). Pour lui, Limoux existait déjà à l'époque de Jules César, mais sous un autre nom : celui de Rhedae ou Redda. C'était alors une grosse agglomération blottie autour d'un fort perché au sommet d'une colline, surplombant l'Aude (alors l'Atax). Un lieu désormais désigné sur les cartes sous le nom des... Pontils ! *
A son tour, l'avocat Fonds-Lamothe, dans ses Notices historiques sur la ville de Limoux (1838), reprend l'idée. Certes, il s'étonne des analogies de noms toponymiques en usage à Rennes et à Limoux, mais il ne tarde pas à renoncer à cette éventualité. Ainsi, au sujet du château de Redda, celui-ci est encore cité en 1258. Or, la petite cité de Limoux a été saccagée par les croisés de Simon de Montfort en 1209. Comment peut-on encore parler de son château après cela ?
Il y a quelques années, l'archéologue limouxin  Dominique Baudreu s'est intéressé au site des Pontils. Délimité au ruisseau du Cougain et à la rivière de l'Aude, l'endroit, constituée d'une colline globalement ovale, s'étend sur environ une dizaine d'hectares (soit 550 m de long sur 300 m de large). Comparativement, c'est à peu près la même surface qu'occupe la Cité de Carcassonne !
Du temps de Fonds-Lamothe, la terre des Pontils aurait déjà livré des pierres taillées, des débris de tuiles et des vestiges de substructions de maisons ? Quatre silos ont été aussi localisés. Assisterons-nous à une nouvelle guerre de Troie ?... Quel Schliemann nous sauvera du doute ?
En attendant , le lecteur ne sera pas sans remarquer ce nom des Pontils, que l'on retrouve dans les parages de Rennes-le-Château. Et dont la pierre levée du même nom serait un jalon déterminant dans notre affaire.

* Localisation des Pontils : au point de rencontre de l'avenue du Lauragais et de l'avenue François-Clamens. En deça du stade.

06:40 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0)

07/11/2012

Le drame de La Maurine

IMG.jpgQui se souvient qu'en 1963, Rennes-le-Château défraya la chronique judiciaire pour un crime sauvage et gratuit ? C'était le jeudi 8 août, à la ferme de La Maurine, un écart au Sud du village. Y vivait alors la famille Fabre, Louis Fabre, 63 ans, son épouse, Agnès, 59 ans, ainsi que Louisette, 35 ans, et son mari, Marcel Tricoire, lesquels avaient trois enfants, âgés de 4 à 12 ans. Les Fabre avaient une autre fille, Mimi, 31 ans, mariée, elle vivait alors à Pamiers. Enfin, sous le même toit, Jean Fabre, 54 ans, frère de Louis, contribuait à la prospérité de cette exploitation agricole. Il était berger et se distinguait par un troupeau d'une centaine de brebis. Lauréat dans les concours ovins, il remportait souvent le premier prix. Mais Jean Fabre fit plusieurs séjours en asile psychiatrique, à Limoux. Ses symptômes se traduisaient surtout par des délires paranoïaques. Tout à fait conscient de son état, il acceptait volontiers les traitements qui lui étaient prescrits. Mais ce 8 août 1963, aucun signe avant-coureur.
Ce jeudi matin, vers 6 heures, sans doute caché à l'abri d'une haie avec un fusil, il observa Agnès Fabre porter du grain à la volaille, avant de s'interposer à elle et de faire feu sur sa victime. Atteinte au thorax, elle tomba face contre terre. Etait-elle morte ? L'assasin lui fit encore une profonde entaille au cou avec son couteau. La détonation fit sortir le reste de la famile de la maison. Mais, Jean Fabre avait déjà disparu. Aussi vite qu'il le pût, le beau-fils, Marcel Tricoire, se rendit à la gendarmerie de Couiza. Dans les heures qui suivirent, on s'aperçut que le meurtrier avait emporté des cartouches de chevrotines, ainsi qu'une somme de 100.000 francs !
Dans un premier temps, les gendarmes sillonnèrent les environs, demandant aux habitants des fermes isolées s'ils avaient aperçu le fuyard. Un chien policier requis de Carcassonne suivit une piste en direction du Sud, mais il fut ensuite désorienté. Finalement, le vendredi soir, on fit apel aux parachutistes de Carcassonne pour mailler le secteur sur plusieurs kilomètres. Environs 120 militaires participèrent à cette opération. Cette chasse à l'homme trouva son épilogue lorsqu'à 12 h. 15, le samedi, dans le bois de Lauzet, le corps de Jean Fabre fut retrouvé, ensanglanté, portant deux impacts de chevrotines sur la poitrine. L'homme s'était suicidé; le fusil était à un mètre du corps.
Etonnement, on ne retrouva ni les cent mille francs, emportés par le forcené, ni les cartouches supplémentaires. On recueilli sur lui son portefeuille contenant 850 francs, mais pas d'autres cartouches que les deux, vides, se trouvant dans le fusil. Dans les heures qui suivirent, le corps de Jean Fabre fut mis en bière et acheminé avec un tracteur jusqu'au village de Rennes-le-Château. Lors d'une même cérémonie, les corps d'Agnès Fabre et de Jean Fabre furent inhumés dans le cimetière.

 

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