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30/12/2012

La pierre de Pailhères

Päilhères.JPGL'affaire de Rennes-le-Château a cette vertu que nombre de curiosités disséminées dans la campagne ont été signalées, décrites et photographiées. Certaines, victimes de leur succès ou de leur étrangeté, ont disparu ou ont subi des dégradations. Heureusement, l'intérêt collégial que d'autres ont suscitées les a sauvé de l'oubli, au pire de la destruction. C'est le cas de la pierre de Pailhères. Sinon, connue des "vieux" de Rennes-le-Château, elle a été signalée pour la première fois dans un article du Midi Libre en date du 17 novembre 1971.
Pailhères, rappelons-le, est un écart, sur la commune de Rennes-le-Château, côté Sud-Ouest du village. De forme parallélipipédique, elle mesure environ 80 cm de hauteur, sur un mètre de largeur et deux de longueur. Principalement sur sa partie supérieure, on remarque différentes incisions en forme de croix et de triangles. Sur une partie de de cette surface, une conque avec un sillon d'évacuation y ont été creusés. A priori, cette pierre daterait du Néolithique, aux environs de 4000 à 4500 ans avant notre ère.
Originellement, ce monolithe se trouvait au bord d'un précipice, en surplomb des ravins du ruisseau des Couleurs, avant qu'on l'y fasse basculer il y a une trentaine d'années. C'est à l'initiative de M. Jean-François Lhuillier, qui fut maire de Rennes-le-Château (1998-2008), que cette pierre fut réhabilitée sous son mandat. On peut la voir désormais, sous un auvent, près de l'actuel Mairie.

20/12/2012

Des "caves de la forteresse" au château de Vaux-le-Vicomte

IMG_0010.jpgRenseigné par son frère cadet, l'abbé Louis Fouquet, proche de Nicolas Poussin, Nicolas Fouquet, le Surintendant des Finances de Louis XIV, aurait bénéficié de la (re)découverte du trésor de Rennes-le-Château, pour terminer et embellir sa résidence de Vaux-le-Vicomte. Déjà fortement insupporté par les fastes de son ministre, mais surtout par l'attitude ambigüe qu'il eut pendant la Fronde, le jeune roi le fit arrêter quinze jours après une réception mémorable au château de Vaux.
Il n'est pas étonnant qu'un supplément thématique de l'hebdomadaire du Point consacré aux "Château qui ont fait la France" * ait accordé quelques pages à la demeure du Surintendant. Quelques explications de Jean-Christophe Petitfils nous rappellent que le château de Vaux-le-Vicomte avait été construit sur le modèle de celui du Raincy (détruit en 1820), lui même s'inspirant de la villa d'Este, près de Rome, avec son vaste salon à coupole, ses jardins en terrasse et ses cascades.

* n° 2101-2102, du 20 au 27 décembre 2012.

27/11/2012

Le Bug... en 1832

Cassini Bugarach.jpgAlors que de nos jours l'ascension du Bugarach n'offre pas de difficultés particulières, il en était bien différemment autrefois. Ainsi, Labouïsse-Rochefort, dans son Voyage à Rennes-les-Bains, paru en 1832, ne cache pas les obstacles que l'excursionniste de l'époque devait affronter pour gravir les pentes de ce nouveau Mont Sinaï.
"Prenant le chemin de Bugarach, écrit-il, à la jonction de deux ruisseaux [le narrateur est alors à hauteur du pont de Sougraigne], on arrive à ce village (celui de Bugarach) par un sentier assez pénible, tracé en partie sur des hauteurs sauvages, hérissées d'énormes blocs de grés, et partie dans un vallon assez resseré. Le village de Bugarach est adossé au pic qui porte ce nom. Il est prudent de prendre un guide dans cet endroit, pour gravir la montagne et de ne tenter cette excursion, que par un temps calme et très-clair. Elle n'est accessible que d'un seul côté; on n'y trouve pas de sentiers battus, il faut se frayer la route à travers les buis et les buissons, du moins jusqu'à une certaine hauteur, où la végétation disparaît. Cette montagne est composée en entier d'un calcaire compacte et ancien. Son élévation au-dessus de la mer est de 448 toises * , et elle domine les montagnes qui l'environnent. On aperçoit de là, un pays immense, une plaine fertile, et l'on découvre les murs de Perpignan." Accompagné du poète catalan A.-J. Carbonnell, Labouïsse-Rochefort le vit alors déclamer toute une poésie sur les beautés qui s'étalaient sous ses yeux. Ces vers lui servirent par la suite d'introduction pour son recueil romantique sur les Pyrénées-Orientales.

* 1 toise = 1,949 mètres, soit 873 m (or, le Bugarach culmine à 1230 m)