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13/06/2013

Aux sources du bénitier...

Aussi originale qu'elle paraisse, la décoration Giscard s'inspire toujours de références préexistantes (notamment, le "Mont des Béatitudes", le Chemin de Croix). Parfois même, le sculpteur recycle ses propres éléments pour les adapter au sujet qu'il veut représenter (notamment, les anges portant sur un bouclier saint Antoine de Padoue, Asmodée...). Il y a quelques années, la découverte d'un modèle représentant les quatre anges du bénitier a permis de s'interroger sur l'originalité de la prestation fournie par le statuaire Giscard. Un groupe comparable figure dans la chapelle d'un couvent de religieuses de la Souterraine (Creuse). Mais doit-on s'arrêter à ce constat ? 
Dans l'église Saint-Eustache, à Paris, près des Halles, on peut voir une création de l'artiste statuaire Louis-Eugène Bion (1807-1860) représentant le pape Alexandre 1er, secondé par deux anges, instituant, sous l’inspiration divine, à la porte des églises, l’usage de l’eau bénite. Présenté en 1834, ce modèle en plâtre ne reçut pas l'approbation des critiques, tant religieux que laïcs. Prévu, à l'origine pour l'église Notre-Dame, il fut relégué par l'Etat à Saint-Eustache. De fait, il n'y eut jamais aucun autre exemplaire.
A le voir, comment ne pas songer aux trois anges du bénitier de Rennes-le-Château ?

 

Bénitier 1.jpg

Bénitier 2.jpg

Bénitier 3.JPG

16/04/2013

Des violons pour Rennes-le-Château

Dans le contexte d'un article de la Dépêche du Midi *, à propos des détectoristes, coupables de brader et de mettre à l'encan notre patrimoine archéologique :

détecteur.jpgS'il est un village qui a subi depuis belle lurette les outrages des pilleurs et des illuminés, c'est bien Rennes-le-Château. Bien sûr, il plane sur cette petite commune de l'Aude le mystère de la fortune de l'abbé Saunière. La commune cache-t-elle un trésor ? C'est ce qu'ont cru quelques amateurs d'histoires, des occultistes passionnés et de vrais illuminés.
«Désormais, la commune est plus calme, raconte son maire Alexandre Painco. Mais dans les années soixante 70, c'était une vraie folie. Certaines personnes ont acheté des ruines, des granges dans le village pour creuser des galeries qui aboutiraient sous l'église, à la recherche de ce fameux trésor ! Certains ont même employé la dynamite ! Je dis souvent en plaisantant : A Rennes-le-Château, on a tous les tunnels, il ne nous manque plus que le métro !
Sans compter tous ceux qui baladaient leurs détecteurs de métaux sur les champs avoisinant ou qui creusaient après avoir interrogé un pendule, une conjonction astrale ou un doigt mouillé ! « Désormais, nous avons plutôt des visiteurs qui viennent rêver, explique le maire,  150 000 personnes chaque année passent à Rennes-le-Château. »
Alors, pas de fouilles pour Rennes ? Si ! « Nous allons entreprendre quelques recherches dans le cadre du « petit patrimoine ». Il s'agit surtout de mieux connaître l'histoire de notre ville, ses origines. Certains disent que les Cathares ne sont pas venus ici, mais j'en doute… Et si, nous disposons d'éléments intéressants, alors, éventuellement, sous la houlette de la Direction régionale des affaires culturelles, nous réaliserons des fouilles à Rennes-le-Château. Mais des fouilles officielles ! »

 

* http://www.ladepeche.fr/article/2013/04/14/1605468-archeo...

25/02/2013

Robert Charroux à Rennes-le-Château

Charroux 1.jpgEn deux ou peut-être trois occasions, Robert Charroux est venu à Rennes-le-Château. Dans le cadre de ses émissions ou de son activité de chercheurs de trésors. Comme c'était une aubaine pour l'Hôtel de la Tour, en terme de retombées publicitaires, Noël Corbu lui faisait volontiers bon accueil, à lui et à son équipe. A cette époque, Robert Charroux n'avait pas encore publié son inénarrable Trésors du monde (Fayard, 1962), mais ses articles à sensation faisaient les choux gras de magazines à gros tirages.
En outre, Robert Charroux avait l'atout de disposer d'un détecteur de métaux du type Lenoir. Il s'agissait d'une "roue" tenue par des cordons. Robert Charroux a volontiers fait écho de ses recherches à Rennes-le-Château dans plusieurs de ses articles.
"Nous avons ausculter, raconte-t-il, avec un détecteur, le dallage de l'église, le cimetière et tous les murs de la cure. Les réactions de cet appareil annoncèrent de façon certaine des dépôts métalliques. Dans un vieux mur du rempart, que l'on défonça sur cinq mètres de longueur, on trouva une armure rouillée, des armes... Un trou fut creusé dans le parc de l'hôtel, contre le mur mitoyen du cimetière, à trente mètres du caveau du curé. Ne dit-on pas que la cachette pourrait être dans ce caveau à deux compartiments, construit plusieurs années avant la mort de Saunière ? Effectivement, nous avons détecté sur la tombe un point d'impactCharroux 1 (3).jpg métallique de forme bizarre, mais une autre tombe donne aussi les mêmes radiations ! Alors ? Quoiqu'il en soit, la fosse creusée dans le parc, profonde de deux mètres, ne livra qu'un dépôt ferreux non identifiable !"
Au vrai, le butin total recueilli par Charroux et son équipe sur le site de Rennes ne fut pas à la hauteur des espérances. En tout et pour tout, le détecteur n'a permis la découverte que d'une douzaine de pièces d'argent et de bronze, ramassées le long des remparts et en pleine terre. Encore ne s'agissait-il, sans doute, que de monnaies éparses provenant de très anciennes tombes. Interrogé par la suite sur ses fouilles à Rennes-le-Château, Robert Charroux émit quelques réserves : non pas sur l'existence du trésor, mais sur les véritables intentions de Noël Corbu.
Charroux 1 (2).jpg"Nous n'avons pas trouvé ce que nous cherchions, s'épanche Robert Charroux.  Nous avons dépensé beaucoup de sueur. J'ai des photos de Robert Arnaud (avec qui je travaillais à ce moment-là à la R.T.F.) piochant comme une brute et disparaissant entièrement dans le trou. Aujourd'hui, je soupçonne Noël Corbu, qui était un homme tout à fait charmant, de nous avoir aiguillés sur une fausse piste ou, pour le  moins, sur une piste annexe... Il connaissait mieux que quiconque l'histoire de Saunière et du fameux trésor. Il s'était beaucoup investi dans la découverte de ce dernier. Si vraiment il avait voulu participer totalement avec nous à cette recherche, compte tenu de l'équipement dont nous disposions, je crois que nous aurions pu aboutir."